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 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN

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Gribeauval

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MessageSujet: 3 Floréal An II (22 avril 1794)   Sam 18 Mai 2013 - 12:30

Salut à tous,
En voyant le thème proposé, j'ai pensé un moment poster cette présentation dans le TeG en cours. Après réflexion, dans la mesure où je n'ai jamais participé à un TeG, que mon propos n'est qu'un accessoire du thème et que je me suis toujours cantonné à la rubrique "scénette, décor, diorama...", je préfère y rester.

3 Floréal An II (22 avril 1794)

Ce titre - anodin - me paraît préférable à celui que pourrait suggérer l'instrument principal de cette présentation. Le "rasoir national", "la Veuve", le "moulin à silence", la "cravate à Capet", la "bascule à Charlot" et d'autres que j'oublie, sont des expressions émanant de l'inépuisable humour macabre des sans-culottes. Je n'ai pas voulu les emprunter. Si notre histoire moderne et notre régime politique sont fondés sur les principes de cette période, l'image qu'on retient avant tout de la Révolution française est celle, sinistre, de ces bois de mort, intentionnellement surélevés, afin que nul n'en ignore la menace. Il est curieux que ce symbole mortifère soit celui qui ait été choiisi par ceux qui s'érigeaient en farouches défenseurs de la liberté...

L'échafaud dressé Place de la Révolution: le peuple a faim: on lui offre des têtes.

Avec cette plaquette de 0,645m x 0,400m, nous sommes à Paris, place de la Révolution (ex-place Royale, actuelle Concorde), le 3 Floréal An II de la République (22 avril 1794). Comme la plupart des noms qui sont fictifs, la date est prise au hasard mais dans une période bien réelle de notre histoire.
Je pense que je ne vous apprendrai rien, je me bornerai à quelques rappels. Mais, dans le mesure où il y avait déjà longtemps que j'avais envie d'aborder un thème de cette époque, sachez que je me suis fait plaisir en réalisant cette scène.

Sur cette place, ci-devant Royale, la guillotine se dresse face au piédestal de l'ancienne statue du Roi... précédent. La statue, comme la monarchie, a été renversée. Il ne reste que le socle, le peuple, tout un symbole.


Une image qui donnait le frisson: ppourquoi les régimes "démocratiques" ont-ils besoin d'avoir recours à la Terreur ?

Apportons quelques précsions sur le contexte de la scène.
Depuis 1791, en matière criminelle, la peine capitale est appliquée par décapitation uniquement, dans un souci d'égalité, après le vote de l'Assemblée Nationale Constituante sur proposition du Docteur Guillotin. A la fin de la même année, la guillotine ou "machine" est définitivement prête. Elle a été fabriquée par Tobias Schmidt, facteur de clavecins, d'origine prussienne (eh oui!), après les mises au point techniques du Docteur Louis de l'Académie de Chirurgie et les conseils de Charles Henri Sanson, le bourreau.

Pour la mise en point de la guillotine, peut-on imaginer meilleur "conseiller technique" que Charles Henri Sanson, le père d'Henri officiant ici ?

Soumises aux caprices de la météo, les exécutions sont suspendues par temps de pluie (sauf orages imprévus qui les interrompent). La guillotine est alors bâchée de même que la nuit. Pour ceux qui s'étonneraient de la lourdeur de l'échafaud supportant la guillotine, il faut se dire que le montage se doit d'être solide et exempt de jeu, de vibrations ou d'oscillations, un vrai challenge pour les charpentiers. En effet, le couperet doit chuter entre deux glissières creusées dans le bois des deux montants. Les garnitures métalliques des deux glissières, ajustées et lubrifiées, ne viendront que beaucoup plus tard. Le bois est enduit de suif, seul "lubrifiant" disponible et il faut donc que la masselotte d'environ 25 kg (plus le couperet: 8 kg à lui tout seul) chute sans frein ni obstacle, ce que des vibrations parasites ou des oscillations pourraient provoquer, faisant ainsi rater l'exécution.

Un échafaud ultra-solide, condition essentielle du bon fonctionnement de la "machine".

Dans ce décor du pavé de la Place ci-devant Royale, aménagée par l'architecte Gabriel à la demande de Louis XV, le socle tronqué qu'on voit à un bord est celui d'une statue équestre du Roi, renversée par les patriotes et envoyée à la fonderie pour en récupérer le bronze. Il a fallu tricher dans la mise en place L'espace entre ce socle et l'échafaud a été considérablement réduit en raison de l'échelle des figurines au 1/32e: le respect intégral des distances aurait nécessité une plaquette de plus de 4 mètres de long, ce qui est évidemment inconcevable.

L'espace entre le socle et l'échafaud a été volontairement réduit: tricherie nécessaire pour éviter une plaquette hors norme.

La réduction de l'espace est encore plus saisissante sous cet angle.

Maintenant, un petit retour sur notre Histoire pour le contexte et l'ambiance de l'époque. Nous ne sommes pas encore à la Grande Terreur mais elle s'annonce au rythme des lois et des décrets de la Convention Nationale. Les amis d'hier sont aujourd'hui devenus des suspects, demain des ennemis de la Révolution ou de la Liberté et traînés au sacrifice. La Révolution se dévore elle-même. Après les Girondins, politiquement abattus et en grande partie éliminés, est venu les tour des hébertistes et des chefs Cordeliers, dont Camille Desmoulins, avec celui de Danton, exécutés sur cette même place il y a dix-sept jours à peine.

Le Roi, la Reine, bien sûr, mais tant d'autres têtes illustres sont tombées dans le panier de Sanson, même celle de Danton qui appellera sous peu celle de Robespierre. Justice ?
La République est attaquée de toutes parts. L'Autriche, bien sûr, en raison des liens familiaux des dynasties, l'Electorat de Hanovre, les Provinces Unies, le Piémont-Sardaigne, l'Espagne, l'Angleterre, sur terre à Hondschoote et à Toulon et sur mer, par le blocus de tous nos ports en Méditerranée comme en Atlantique et en Manche.
Les soldats de la Révolution ont le ventre vide. Ils sont parfois pieds nus et dépenaillés mais ils ne manquent pas de vaillance et souvent s'élancent en désordre en dépit des consignes. L'Assemblée révolutionnaire frappe les chefs défaillants. Malheur à celui qui est vaincu ou accusé de mollesse ou simplement de maladresse en raison de l'indiscipline de sa troupe: il joue sa tête.

(à suivre...)
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mifig

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 18 Mai 2013 - 12:54

Belle représentation, et merci pour le rappel historique.
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Duck

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 18 Mai 2013 - 13:29

Les mémoires de Charles-Henri Sanson sont très enrichissantes à ce sujet, en effet, un certain 3 floréal, il s'interrogeait:
"Les grands citoyens, les hommes de bien se succèdent sans interruption à la guillotine.
Combien en dévorera-t-elle encore ?
Ceux qui nous gouvernent devraient cependant s'apercevoir que cette boucherie est devenue bien odieuse.
Les goujats de la guillotine ont perdu eux-mêmes de leur chaleur et de leur rage, .....Lorsque les charrettes arrivent, c'est comme si la peste allait passer; portes, fenêtres, boutiques, tout est clos, la rue est déserte; quand nous la traversons avec notre suite d'aboyeur et de furies, on dirait que nous entrons dans la ville de La Belle au Bois Dormant".

Suit une liste commentée de préposés à la dernière heure.

La guillotine a été choisie pour rendre la mort rapide et moins douloureuse, elle n'est en aucun cas, il me semble, l'instrument unique et privilégié de la Terreur.
Au plaisir citoyen!
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Gribeauval

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MessageSujet: 3 Floréal An II (22 avril 1794) - suite   Sam 18 Mai 2013 - 14:09


A la guerre, la Convention ne reconnaît que deux issues: la victoire ou la mort et c'était écrit sur les drapeaux. Celui-ci aura connu la mort, mais pas au feu...

La désorganisation révolutionnaire affecte aussi les campagnes. Les récoltes sont abandonnées et pourrissent sur pied, l'approvisonnement des villes se tarit, la disette s'installe malgré les lois sur le "Maximum", les décrets menaçants contre les accapareurs et spéculateurs de tout poil. Des queues interminables, le plus souvent en vain, se forment devant les magasins d'alimentation, insuffisamment approvisionnés. On ne peut vendre des stocks épuisés. Le peuple a faim et commence à gronder et le Comité de Salut Public le sait.
A situation d'exception, mesures d'exception. D'autant qu'aux envahisseurs étrangers, s'ajoutent les ennemis de l'intérieur. Le Midi royaliste s'est révolté et a livré Toulon, sa rade et une partie de la flotte à l'Angleterre, le Sud-Ouest royaliste a fait cause commune avec les Fédéralistes Girondins à Bordeaux contre la Convention, tout comme à Lyon, en provoquant des révoltes et des assassinats de conventionnels. Ces révoltes sont néanmoins matées. L'insurrection vendéenne, qui appelera plus tard l'Angleterre à l'aide, a soulevé la plus grande partie de l'Ouest, immobilisant des forces armées importantes qui manquent aux frontières.
Cependant la situation militaire se redresse. Le 8 septembre précédent, Jourdan a été vainquaur à Hondschoote, bataille où les volontaires en furie, pourtant affamés mais ne manquant pas de courage, ont enfoncé les lignes anglaises à la baïonnette. Les survivants ont fui et les républicains ont récupéré ... de quoi manger. Le 2 Frimaire (22 novembre 1793), la Convention, après l'expérience non concluante de l'amalgame, a pris conscience de la nécessité fondamentale de la cohésion des troupes et voté l'incorporation dans les armées. Le 22 Frimaire (12 décembre), Marceau met en déroute les Vendéens au Mans et le 29 Frimaire, Salicetti, représentant en mission aux armées, écrit à la Convention pour annoncer la reprise de Toulon en grande partie grâce à l'énergie d'un jeune chef de bataillon d'artillerie du nom de Napoléon Bonaparte qu'il fait promouvoir général sur le champ. Le 3 Nivôse, Kléber anéantit l'arrière-garde vendéenne à Savenay, préfaçant l'exécution de deux mille Vendéens à Ancenis le mois suivant, en vertu d'un décret de la Convention Nationale condamnant à la mort immédiate tout insurgé pris les armes à la main.

Au pied des marches, un "brigand royaliste", tels sont les termes des décrets de la Convention pour désigner les Vendéens, en ordonnant qu'il ne leur soit pas fait de quartier.

A voir le peu d'affluence populaire autour de l'échafaud, on peut en conclure que c'est une journée ordinaire. Pourtant volontiers badaud, le peuple de Paris est de plus en plus blasé du spectacle de "la Veuve". Il commence même à se dégoûter de tout ce sang répandu. Il préfèrerait une ration quotidienne de pain et sa colère monte jusqu'au Comité de Salut Public obligé de reconnaître de facto son impuissance. C'est pourquoi, dans moins d'un mois, la guillotine sera démontée et installée Place du Trône-Renversé (actuelle Place de la Nation) d'où elle ne reviendra que pour l'exécution de Robespierre et de ses partisans. On est donc loin des foules massées derrière de forts rideaux de troupes lors des exécutions fameuses de personnages de haut rang ou de grande notoriété; le Roi en janvier 1793, Charlotte Corday en Messidor, la Reine en Vendémiaire, les députés Girondins et Madame Roland en Brumaire, Camille Desmoulins et Danton en Germinal, juste le mois précédent... On pourrait dire que le peuple choisit son "affiche".

Autour de la "machine", la force publique est donc réduite à peu. A pied ou à cheval pour l'escorte de la charrette, elle est assurée par la Légion de Paris de la
Gendarmerie Nationale, première du nom.

Gendarmes à pied et à cheval.

Gendarme et sans-culotte.

Des patriotes de la Section éponyme, armés de la redoutable pique, prêtent main forte à ces troupiers dans une relative décontraction.
Petit détail. Comme il n'y avait pas de manufacture officielle, aucun texte ne réglemente la fabrication de ces armes. Chaque section se fournit chez les artisans forgerons de son ressort pour lesquels cette fabrication devient un devoir civique. Si l'aspect général correspond à l'usage qu'on en attend, on constate des disparités de forme d'un atelier à l'autre. Seul point notable: beaucoup de piques sont estampées AN pour "Armes Nationales". La longueur des hampes n'est donc pas vraiment définie et on voit un peu de tout. Il y a cependant une vague instruction qui fixe la longueur minimale du fer, hors douille, à 0,45m de façon à "transpercer de part en part le corps d'un homme" et le clouer à un arbre, une poutre ou une porte.

Occupons-nous maintenant des personnages. Il va de soi que mon choix est arbitraire mais, toutefois, je le crois logique. Ici, le bourreau est Henri Sanson, fils de Charles Henri, connu sous le nom de "Charlot" (que l'on retrouve dans l'expression populaire déjà citée "bascule à Charlot"). Il y a un an que Charles Henri a délégué la pratique exécutoire à son fils Henri tout en restant titulaire de la "charge" d'Ancien Régime. Les charges ayant été abolies par la Révolution, celle-ci a été officiellement transformée par la Convention en fonction contractuelle sous le titre "d'exécuteur des actes criminels". Cette fonction donne lieu au versement d'une indemnité "aux frais de la Nation", selon la terminologie officielle des charges et dépenses acceptées et approuvées par l'Assemblée. Elle comprend le taitement de l'exécuteur, de deux commis, et de quatre aides. Sont ajoutés des ouvriers fournis par la Commune insurrectionnelle de Paris qui les prend en charge et qu'elle a choisis parmi les patriotes sans emploi ou indigents.


Le bourreau Henri Sanson, fils de Charles Henri.

(à suivre...)




















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Duck

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 18 Mai 2013 - 15:43

Bravo et merci pour ton magistral cours d'histoire dans cette suite, mais que fais-tu du premier chapitre où d'aimables réponses ont été postées ? study
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Gribeauval

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MessageSujet: 3 Floréal An II (22 avril 1794) - suite 2   Sam 18 Mai 2013 - 16:20


Autre vue de Sanson donnant ses ordres.


Le bourgeois Sanson gagne sa vie à supprimer celle des autres. La dynastie familiale détiendra le triste record des têtes coupées.

Les deux commis ne sont pas présents: l'un est aux écritures chez Sanson, l'autre au Greffe du Tribunal révolutionnaire ou à la Conciergerie. Les aides sont autour des condamnés, deux qui vont en lier un à la planche à bascule, un qui coupe les cols de chemise ou les cheveux trop longs quand cela n'a pas déjà été fait dans la geôle, et un qu'on voit ranger la tête d'un supplicié avec le corps dans la caisse qui va être versée à la charrette de la fosse commune.

Même coupée, une tête est taitée avec respect par un des aides.


Deux aides autour du supplicié imminent. ILs vont le sangler sommairement à la planche (quelquefois pas du tout) et la basculer en avant en soulevant le bas à hauteur des pieds. Poussée en avant, la planche va glisser entre les deux rainures, la tête du condamné s'engageant dans l'orifice de la lunette. L'exécuteur l'immobilise en abaissant d'un coup sec la moitié supérieure et déclenche la chute du couperet dont la lame tranche au ras de la lunette. L'opération prend 4 à 5 secondes.

Le statut officiel de Sanson est donc celui d'un entrepreneur contractant au service exclusif de l'Etat, qui recrute et appointe son personnel à partir de l'indemnité versée. Et la besogne ne manque pas.
Le costume de Sanson vous étonne ? Sachez que son statut social fait de lui un bourgeois aisé, d'où son habit (qui deviendra un peu plus "peuple" après Thermidor) qui n'est autre que celui du Tiers Etat aux Etats Généraux de 1789 et qui est encore porté par beaucoup de députés à la Convention. Habit noir, culotte, gilet, bas de soie, chemise à jabot de dentelle apparent, dentelles aux poignets, perruque poudrée à queue à ruban, chapeau et souliers à boucles.

Préfiguration de l'émancipation des femmes ? Des personnages féminins ont marqué cette époque et, dans l'humble vie quotidienne, des femmes ne se privent pas de se montrer et de manifester (surtout leur mécontentement!). Ici, avec les patriotes, une citoyenne du peuple, d'aspect peu farouche mais fière dans sa posture martiale, tient fermement un briquet d'infanterie. L'histoire ne dit pas si, comme ses collègues masculins, elle est sans culotte... (Oh!, Gribeauval, t'as pas honte?...) mais, si tel est le cas, l'abondance de ses jupons lui permet de ne pas braver la décence publique...
En guise de pendant, de l'autre côté des marches fatales, se tient un sectionnaire "gradé" qui s'est emparé de l'esponton d'un sergent suisse lors de l'assaut des Tuileries en août 1792. C'est une arme d'apparat ou de frime, peut-on dire, impropre au combat mais bien plus légère et maniable qu'une pique.


Curieusement, des révolutions ou des insurrections populaires mettent des femmes en avant, comme en 1792, 1830, 1848 mais surtout sous la Commune de Paris en 1871.

Assiste à l'exécution un Commissaire de la Convention (qui aurait le titre de Représentant en mission hors du district de Paris ou de Réprésentant aux Armées), avec son escorte de trois gendarmes tirée de la Garde Ordinaire de l'Assemblée.


Commissaire de la Convention avec son escorte de gendarmes de l'Assemblée.

Les autres personneges relèvent de la fantaise (il en faut bien!...). Sur l'échafaud, le marquis de Hautfort des Gontries, ancien page du Roy à Fontenoy - il avait 12 ans - ci-devant colonel du régiment des chevau-légers, héros de la campagne de Valmy mais fâcheusement compromis (victime collatérale) dans la trahison de l'infâme Dumouriez. Il a été dénoncé et arrêté par les patriotes avant sa fuite (supposée) chez les Autrichiens. A l'époque, il en faut moins que cela pour être raccourci. Emprisonné depuis un an, son exécution a été maintes fois ajournée mais ses états de service n'ont pu le sauver.

Le marquis de Hautfort des Gontries à l'instant suprême: le calme et le courage des condamnés injustement.

Au pied des marches, le chevalier de Saint-Hilaire, aide de camp d'Etat-Major, arrêté en même temps que le marquis et sous le même chef d'accusation. En ces temps troublés de grande purge, de suspicion systématique et de décisions expéditives, il suffit d'une particule et d'une naissance pour être considéré comme un ennemi de la République ou comploteur royaliste, avec le sort qu'on devine...

Le chevalier de Saint-Hilaire, aide de camp d'Etat-Major: une absolution tout de même.

A ses côtés, un chef vendéen. "Brigand royaliste", pas moins, telle est la désignation officielle dans les décrets de la Convention Nationale qui ne prévoient pour eux aucune mesure de grâce. Entravé comme il se doit, il se détourne brusquement pour repousser l'absolution d'un prêtre "jureur", c'est-à-dire qui a prêté serment à la Constitution Civile du clergé, condamnée par Rome, et ipso facto excommunié. Or, il est évident que seuls les "jureurs" sont, à la rigueur, tolérés sur les lieux d'exécution. Les religieux non jureurs sont considérés comme réfractraires, pourchassés et condamnés à la clandestinité. Par conséquent, les "jureurs" sont, on s'en doute, honnis par les "intégristes" catholiques que sont les Vendéens et, plus tard, les Chouans, d'où le sursaut pour se détourner du sacrement non canonique. En revanche, le chevalier met un genou en terre, considérant, pour sa conscience, qu'une absolution "républicaine" vaut mieux que pas d'absolution du tout.

Le prêtre "jureur" des derniers instants. Pour un Vendéen, c'est une offense qu'on ne peut accepter.

Reste le peuple qu'on pourra compléter ultérieurement (c'est l'avantage d'une plaquette ouverte). Il est représenté par un portefaix qui a posé sa charge et se repose un moment, par un commis greffier du Tribunal Révolutionnaire qui en rajoute dans les vociférations inutilement hostiles et une humble ménagère qui, arrivée dans les premières à l'ouverture d'une boulangerie, a eu la chance d'obetnir une miche de pain. En ces temps de quasi famine, ce sera probablement la seule nourriture de la famille pour la journée.

Une ménagère, un portegfaix, un commis-greffier qui devrait être en audience, c'est peu, bien sûr, pour une assistance. On complètera au fur et à mesure.

Ce jour-là, une autre charrette va amener d'autres condamnés dont Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, éminent juriste du ci-devant Parlement de Paris, défenseur du Roi à son procès.

Les Vendéens sont dans l'ensemble défaits. A la tête des colonnes infernales, Turreau a importé la Terreur dans le pays. Restent quelques bandes locales qui agissent par coups de main mais ne peuvent plus renverser la situation. Maintenant, avec des ventres vides mais des baïonnettes acérées, le passage du Saint-Bernard est sur le point d'être repris aux Piémontais. L'armée des Alpes va reprendre Saorge et Pichegru va battre Clerfayt à Menin, s'emparer de la ville et l'obliger à la retraite. Carnot, qui ne peut toujours pas subvenir au ravitaillement des troupes, porte son effort sur les fabrications de guerre d'armes et de munitions et fait savoir aux Représentants aux Armées que les troupes françaises doivent "vivre aux dépens de l'ennemi". C'est clair! Dans un mois, l'amiral Villaret de Joyeuse, un des rares aristocrates officiers de marine à n'avoir pas émigré, va forcer le blocus anglais et, un mois plus tard, ce sera pour Jourdan la consécration avec la victoire de Fleurus... Ah!Ca ira, ça ira...

Citoyen Gribeauval, Jacobin












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Gribeauval

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MessageSujet: 3 Floréal An II (22 avril 1794)   Sam 18 Mai 2013 - 16:25

Eh bien je ne peux que remercier vivement les aimables "posteurs" pour leurs appréciations.
Et il y a un 3e chapitre.
A+
Gribeauval
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Romque

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 18 Mai 2013 - 22:04

superbe réalisation et merci pour l'Histoire
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brad




MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Dim 19 Mai 2013 - 9:19

Tres chouette.
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Reptor

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Dim 19 Mai 2013 - 10:37

J'ai fusionné les sujets Merci à toi, merci à toi de ne pas en rouvrir un ;)
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lamouline69

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Dim 19 Mai 2013 - 10:40

grosse mise en scene
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vince25

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Dim 19 Mai 2013 - 11:27

c'est super et le côté récit historique de la scène est vraiment de la fig comme je l'aime , car je ne conçois pas notre hobby comme seulement des bout de plastique , résine ou métal peint, mais avant tout comme une partis de notre histoire (histoire de l'humanité )
Donc merci a toi!
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Gribeauval

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MessageSujet: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 25 Jan 2014 - 12:46

Vous vous souvenez de cette plaquette. Conçue "ouverte" pour pouvoir y faire des rajouts, je viens de la compléter par deux micro scénettes, en quelque sorte deux petites dans une plus grande. Excusez les photos qui, comme d'hab, ne sont pas fameuses.

La première concerne, j'y ai pensé brusquement, les auxiliaires indispensables du sieur Sanson, à savoir les rémouleurs. Dame, c'est qu'il fallait bien repasser les couperets, vu l'usage intensif qui en était fait.

Un couperet pesait de 8 à 9 kilos (pour mémoire, tenez à bout de bras un pack de 6 bouteilles d'eau minérale d' 1,5 litre).

Le matériel est tout droit sorti de mon imagination mais bien aidé par mes souvenirs de jeunesse des petits métiers aujourd'hui disparus.Pour affûter des pièces aussi lourdes, il fallait un dispositif et une meule plus conséquents que celui destiné à repasser de simples couteaux.

Afin de ne pas avoir à tenir à bout de bras une pièce aussi lourde, on la calait sur la planchette plate et, par les bords, on faisait glisser le tranchant d'un côté à l'autre et vice versa.

Pour une meule aussi grosse et aussi lourde, il fallait un aide pour l'entraîner, ce qu'un simple pédalier léger n'aurait pu faire

On imagine qu'autour de la "La Veuve", c'est le petit peuple de Paris qui venait au spectacle. Pourquoi donc ne pas imaginer une marchande de boissons par exemple. L'époque de la Terreur, qui, sur le plan social, était celle de la faim et d'une effroyable misère économique, voyait fleurir tout un tas de petits métiers: il fallait bien survivre, même en ne gagnant que quelques sols.

Avec elle, un sans-culotte à pique et un artisan vitrier (toujours les petits métiers)


Elle vend ce qu'elle peut: des boissons, des pommes... Sa brouette est toute sa richesse.


Cette espèce de grosse cafetière qu'elle tient, sert à tout sauf à verser du café qu'elle ne pourrait tenir chaud dans sa brouette. Par contre, son long bec est ce qu'il y a de plus commode pour verser. Elle vend de l'eau, du vin, de la gnôle, des pommes...


Avec des avantages aussi évidents, elle ne devrait pas avoir de mal faire recette








That's all, Folks !!!
A+ Gribeauval
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marco

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 25 Jan 2014 - 12:50

j'en ai le souffle coupé !

beau dio !
bravo!
Marc
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Tancrède

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 25 Jan 2014 - 12:59

Sacré do, beau travail, bravo à toi citoyen :)
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michel94fr

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 25 Jan 2014 - 14:30

Très belles mise en scène et réalisation.
Chaque personnage bien à sa place, dans son rôle.
Un diorama qui raconte une histoire ou mieux qui raconte l'Histoire, celle de la Terreur.
Superbe.      
Michel
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bono

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 25 Jan 2014 - 14:36

Oui, c'est excellent, un grand bravo pour ce dio
Très belle mise en scène, il ne manque que les cris de la foule et les supplications des condamnés Wink



Dernière édition par bono le Sam 25 Jan 2014 - 15:06, édité 1 fois
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Gribeauval

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 25 Jan 2014 - 14:42

Merci, mes cadets, je suis d'autant plus sensible à vos compliments
qu'avec vos palmarès respectifs, qui inspirent le respect,
vos appréciations me flattent.
Gribeauval
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Phil54

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 25 Jan 2014 - 20:57

Très beau diorama effectivement.

Félicitations !!

     
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VITRUVE

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Sam 25 Jan 2014 - 22:54

     pour ce cours d'histoire et pour cette vivante  réalisation, merci citoyen  Laughing
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christophe41

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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   Dim 26 Jan 2014 - 1:21

tes nouveaux personnages sont très sympa. Je trouve cette scène d'exécution très vivante..... 
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MessageSujet: Re: 3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN   

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3 Floréal An II (22 avril 1794) : LA FIN
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